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Dur dur de tirer son épingle du jeu quand on développe un beat'em all ces temps-ci. Alors comment se faire une place au milieu des God of War, Devil May Cry et autres Bayonetta ? Rebellion et Konami ont tenu le pari en jouant la carte de l'originalité : un héros immortel. Pas certains qu'on évite totalement le game over pour autant… NeverDead est dans la place ?

Je suis un démon…

test neverdead image001J’étais jeune et fringuant à l’époque.
J’étais jeune et fringuant à l’époque.

Bryce Boltzmann, le héros de NeverDead, est un homme déchiré. Astaroth a tué sa gonzesse et l’a condamné à vivre une éternité de remords et de solitude. Il ne peut plus mourir. Malgré un pitch de départ intéressant, Bryce se révèle au fil des niveaux être un perso sans profondeur, un badass comme on en voit beaucoup dans les jeux ou au cinéma. Il n’est certes pas un simple héros sans peur mais on aurait aimé davantage d’implications émotionnelles à proposer au joueur plutôt que de rapides - mais certes jolis - flashbacks. Aujourd’hui chasseur de démons à la solde du gouvernement, Bryce entame le nettoyage de la ville accompagné d’Arcadia, la blonde de service aux gros nichons. Entièrement contrôlée par l’IA, cette dernière est le petit joker qui peut à certaines occasions se rendre utile au combat, mais la plupart du temps son rôle est purement figuratif.

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test neverdead image002En bas à gauche : l’arrière-train d’un démon. Si.
En bas à gauche : l’arrière-train d’un démon. Si.

Si Bryce ne peut pas mourir, il va tout de même manger sévère. Les attaques des chiens-démons, harpies-snipers et autres bestioles-lance-roquettes vont littéralement démembrer le bonhomme des centaines de fois. Le joueur garde alors le contrôle de la tête qu’il doit faire rouler vers les autres parties du corps pour recoller les morceaux au plus vite. La tête seule explore les conduits exigus à la recherche d’interrupteurs ou de bonus. Les bras peuvent servir de grenades ou être lancés afin d’activer un mécanisme initialement hors de portée. Dans cet état, gare aux petites saloperies qui tentent de vous avaler ! Elles sont le seul risque de game over dans NeverDead mais sachez que les checkpoints sont hyper nombreux. Une fois sur pied, notre démon fait le ménage à l’aide d’armes à feu très classiques (flingues, fusil à pompe, mitrailleuses, lance-grenades) et d’une épée. Il dispose ainsi de deux différentes postures indispensables pour vaincre tous les types d’ennemis. Le jeu nous oblige donc à varier les styles de combat ce qui participe à dynamiser le gameplay. Au niveau des mouvements, la roulade sur le côté est malheureusement la seule façon efficace de ne pas se faire décapiter par surprise à condition bien sûr que la caméra ne fasse pas des siennes. Et elle en fera à de nombreuses reprises.

…mais j’ai des fêlures

test neverdead image003Ces flasques permettent de se régénérer sans attendre le remplissage de l’oeil du démon.
Ces flasques permettent de se régénérer sans attendre le remplissage de l’oeil du démon.

Sous son concept aguicheur, NeverDead est en fait un beat’em all assez brouillon voire inconfortable les premières heures de jeu. Les accusés ? Le gameplay et finalement le game design car il faut bien le dire : l’idée même de démembrement n’apporte rien à l’expérience. Au contraire, il coupe violemment l’action, frustrant le joueur de parfois retrouver sa tête coincée par un seul centimètre de béton. En partant de ce constat, le but ultime va être d’éviter les décapitations et d’occulter au final ce qui devait faire l’intérêt du titre. C’est un peu comme supprimer l’effet 3D d’un jeu 3DS pour en apprécier l’expérience. En ayant intégré cela, le soft fait tout de même en sorte de nous rappeler à l’ordre avec une caméra rarement bien placée et trop lente au démarrage pour suivre la frénésie des combats, même en passant par les options. Le pire est l’impossibilité de la recaler derrière soi automatiquement. Il faut donc composer avec l’obligation de ne pas avoir de recul sur ce qui se passe autour de son environnement immédiat, multipliant alors le risque de démembrements ce qui brise particulièrement l’action... Vous voyez le cercle vicieux ? Avec le temps, on s’en accommode, mais avouons que c’est très inconfortable.

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test neverdead image004Cible prioritaire : les invocateurs !
Cible prioritaire : les invocateurs !

Pourtant, les affrontements sont franchement dynamiques. Les réflexes et la « réflexion » sont mis à contribution selon l’environnement et le type d’adversaires. Ainsi, il vaut mieux faire s’écrouler des piliers sur les invocateurs de démons plutôt que de s’évertuer à frapper leur coque métallique et ce n’est là qu’un exemple. Les flammes et le courant électrique jouent également en votre faveur en occasionnant des dégâts supplémentaires sans que vous en sentiez les effets néfastes : Bryce is NeverDead. Ici, le problème est qu’on va répéter trop souvent le schéma suivant : trouver la créature qui invoque ses compères à l’infini, la détruire, finir ses alliés, passer à la section suivante et recommencer. Il y a quelques accalmies pour fouiller la zone à la recherche d’XP nécessaire à l’acquisition de compétences nombreuses et variées, mais ce n’est clairement pas suffisant pour donner un rythme suffisamment intéressant. Les boss, pourtant impressionnants et bourrins, finissent par lasser tant les stratégies à employer sont simples et répétitives. Il est amusant de constater que les musiques en combat se confrontent au même problème : un riff de guitare répété à l’infini en faisant varier seulement la tonalité. Agaçant. Signalons à ce sujet l’excellent titre de Megadeth inclus dans la toute aussi excellente introduction de NeverDead.

500 ans et pas encore toutes ses dents

test neverdead image005Y’a de quoi faire.
Y’a de quoi faire.

Pour terminer sur NeverDead, abordons brièvement l’acquisition des compétences, car malgré son vieil âge Bryce a encore beaucoup à apprendre. Comme annoncé plus haut, tuer les démons, dépouiller les zones de leurs trésors et clôturer les chapitres octroient des points d’expérience. Ces derniers se dépensent à tout moment par l’acquisition de compétences qui simplifient le gameplay. Acquisition supplémentaire d’XP, allonge de l’épée, attaques plus variées et puissantes ou encore déplacements accélérés après décapitation : ces attributs participent sans le vouloir à lisser les problèmes de gameplay. Profitez-en. Notons surtout le ralenti en cas de danger qui est véritablement salvateur par rapport à ce qu’on écrivait plus haut sur l’inconfort des combats. Il permet de temporiser et d’esquiver une attaque que la caméra ne nous permettait pourtant pas d’anticiper. Utilisez les compétences avec sagesse car leur activation est limitée en nombre.

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test neverdead image006Bloub.
Bloub.

Avec votre perso ainsi boosté, vous serez tenté d’aller faire un tour dans le multijoueur qui propose une grosse douzaine de défis coopératifs ou compétitifs. Nous n’avons pas grand-chose à en dire si ce n’est que ce mode est quasi désert en journée et qu’il ne fait qu’appuyer les carences du gameplay lorsque deux personnes réelles doivent se confronter. Assurément, le multi fait office de petit bonus et n’est clairement pas un argument de vente pour ce sympathique mais hélas trop perfectible NeverDead.

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GRAPHISMES
Si certains environnements bénéficient de lumières magnifiques, d'autres sont un peu ternes et sans grandes originalités. Globalement, c'est techniquement moyen et artistiquement peu inspiré sauf pour les derniers niveaux.
GAMEPLAY
Les actions sont plutôt nombreuses mais le gameplay proposé demandent beaucoup d'efforts pour s’accommoder à la vitesse des ennemis et aux caprices de la caméra.
DURÉE DE VIE
La campagne est plutôt courte mais vous pouvez la recommencer en boostant votre personnage au maximum puisqu'il est impossible de tout acheter lors d'une première partie. A la manière de Dead Space 2, le multijoueur est un bonus anecdotique.
SON
Si les effets sonores sont honnêtes, les musiques d'ambiance sont plutôt réussies. Certains riffs lors des combats agacent par leur redondance et leur manque cruel de créativité. Dans le style simple mais efficace, Walk de Pantera aurait été un exemple à suivre. Le titre Never Dead de Megadeath lors de l'intro ne suffit pas à faire passer la pilule.
Note des lecteurs :
- /20

Avec NeverDead, Rebellion tenait un beat’em all doté d’une plastique honnête, d’un pitch de départ intéressant et de features intriguantes. Dommage donc de retrouver au final un titre d’action comportant des personnages creux, trop de redites et de problèmes de gameplay pour s’élever au niveau du démoniaque Devil May Cry. Mais plus fondamentalement, pourquoi ne pas s’être servi du démembrement pour réellement participer à l’action plutôt que de la couper ?

-Un concept sympa
-L'intro
-Décors destructibles
-Stratégies variables selon le type de démon
-Caméra confuse et molle
-Niveaux, musiques et boss répétitifs
-Trop de démembrements tuent l'action
> Test NeverDead écrit par BrokenElfen et mis en ligne le 10 février 2012
- / 20
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