Un bon plat de Carpates
Fin du XIXème siècle, la famille Belmont disparaît mystérieusement. Plusieurs groupuscules se créent alors pour combattre Dracula, la menace sévèrement caninée, mais un seul ne périclite pas : l’Ordre d’Ecclesia. L’aventure commence au moment où Shanoa, beauté froide et accessoirement disciple de cet ordre (à moins que ce ne soit l’inverse), est choisie pour être l’élue. C’est-à-dire celle qui portera en elle les trois glyphes du Dominus, lui conférant ainsi le pouvoir de vaincre Dracula. Un rituel de préparation du joli corps de la belle doit avoir lieu pour lui permettre d’utiliser les fameux glyphes mais tout cela n’est pas au goût d’Albus, un autre disciple qui se voyait bien élu à la place de l’élue. Ce dernier va donc passer à l’attaque lors du rituel, privant ainsi Shanoa de sa mémoire et du Dominus. Et c’est finalement à vous, dans la peau de la belle brune, petit veinard, qu’incombe la tâche de botter le derrière d’Albus, de récupérer ce qui vous appartient et de casser une ou deux dents au seigneur vampirique. Vous l’aurez compris cette fois, pas de Belmont, pas de Alucard, pas de Morris et même pas de fouet, j’en connais un à la rédac’ qui va être déçu...
Ca glyphe plutôt pas mal
Une des grosses nouveautés du dernier né d’une série qui est à peu près aussi vieille que son principal méchant provient du système de combat. Ici, la demoiselle peut intégrer à son corps 3 glyphes : une pour chaque bras et une dans le dos. Ces glyphes la dotent de capacités particulières pouvant aller de la matérialisation d’arme pour le corps à corps au traditionnel lancer de sort qui fait mal. Celles aux bras permettent généralement l’attaque et celle du dos une action autre. Ayant un glyphe à chaque bras, cela permet justement d’utiliser ses deux membres en combat et offre ainsi la possibilité d’effectuer des combos. Combos ou le timing variera en fonction des glyphes et qui vous obligera à toujours vous adapter. On peut associer aux deux bras le même glyphe ou bien en mettre des différents, ce qui offre un nombre de possibilités assez énorme. Sachant que deux glyphes identiques aux bras vous offriront généralement une meilleure « grosse » attaque et que toute grosse attaque consomme des cœurs. De même, Shanoa dispose d’une jauge de mana qui se consomme pour chaque attaque lancée et cette consommation varie en fonction des glyphes utilisés. Il devient tout simplement impossible de lancer une attaque lorsque cette jauge est vide. Du reste, celle-ci se recharge plutôt vite mais c’est tout de même un élément à ne pas oublier pour ne pas se retrouver en situation délicate. Il y a aussi certains sorts du genre puissants qui consomment de la vie, vous voyez directement les conséquences possibles d’un abus de ceux-ci... Toujours dans la gestion des glyphes : afin d’éviter d’incessants allers-retours dans le menu pour changer celles-ci, vous trouverez bien vite un étui vous permettant de permuter rapidement entre trois configurations de glyphes possibles.
Le guide du routard transylvanien
Si, depuis Symphony of the Night, nous étions habitués à traverser le château en long en large, en travers et même à l’envers, Konami a commencé à montrer sa volonté de s’éloigner un peu de la demeure de Dracula à partir de Portrait of Ruins. Dans Order of Ecclesia, on poursuit dans cette voie puisque vous disposerez d’une carte et de différents lieux que vous débloquerez au fur et à mesure en les traversant pour pouvoir ensuite y accéder directement toujours à l’aide de cette fameuse carte. Vous aurez donc le loisir de vous promener dans un petit village, de traverser une forêt, un détroit, une prison, un monastère, etc mais pas de château ! Du moins pas dès le début... On a d’ailleurs l’impression dans un premier temps de revenir à un Castlevania plus classique, c’est-à-dire post Symphony of the Night, puisque vous n’aurez pas spécialement besoin de revenir dans des zones déjà traversées. Sauf pour récupérer quelques items qui se trouvaient à des endroits précédemment inaccessibles bien sûr. Par contre, vous reviendrez à plusieurs reprises au village de Wygol, village dont vous devrez retrouver les habitants dans un premier temps. Une fois cela fait, ceux-ci s’avèreront tous ou presque être des vendeurs et vous proposeront aussi quelques quêtes vous permettant de gonfler le nombre d’articles proposés dans leurs magasins. Ces petites quêtes ne sont d’ailleurs pas très folichonnes...
Ne croyez pas que le fait de se promener en dehors du château rendra le jeu plus facile. Le monde extérieur est aussi dangereux voire plus que Dracula et son château. On se demande même pourquoi on s’acharne sur ce pauvre bougre depuis le premier épisode quand on voit le ménage à faire ailleurs que chez lui... A tel point que Order of Ecclesia est sûrement le plus difficile des Castlevania sur DS. Certains boss vont vous faire vous arracher les cheveux et si, comme moi, vous n’en avez pas, vous allez vous attaquer à vos sourcils, ce qui est très désagréable... En effet, cet opus offre un réel challenge qui en rebutera certains et qui excitera sûrement les vieux de la vieille de cet univers qui verront là un défi lancé à leur figure par Konami. Le reste du soft est plutôt classique et l’on retrouve des monstres connus, d’autres connus aussi mais relookés et d’autres totalement nouveaux. Vous débloquerez à peu près les mêmes modes de jeu que dans les précédents épisodes une fois le jeu fini. Et enfin, l’écran du haut vous montre la carte ou bien vos caractéristiques et celles de l’ennemi « en cours » et l’écran du bas vous montre le jeu, ce qui est plutôt un point positif. Enfin, contrairement à Dawn of Sorrow, vous pourrez laisser votre stylet dans son compartiment sauf peut-être pour vous gratter derrière l’oreille.
Dans la petite culotte de Shanoa...
Graphiquement, je n’ai pas grand-chose à dire qui n’ait pas déjà été dit sur les précédents opus. Là encore, Konami nous gratifie d’un travail de qualité et de très beaux graphismes en 2D qui font plaisir et qui me rappellent ma très lointaine jeunesse. Pour les nouvelles générations de joueurs qui ne bénéficieront pas de cet aspect nostalgique et que la 2D ne rebute pas, l’effet est tout aussi efficace, je vous rassure. Reste tout de même un passage qui m’a piqué les yeux : le détroit de Kalidus grâce à un bateau modélisé en 3D qui est une véritable agression rétinienne de pixels marrons... Les artworks sont tout simplement magnifiques. Exit le petit côté manga gentil qui rendait l’ensemble moins sérieux et place à de superbes dessins dignes des mangas un peu moins gentils... Je suis pas sûr d’être convaincant là... Les musiques sont dans la veine des derniers épisodes, certaines sont excellentes, d’autres seront vites oubliées. Petite initiative des plus sympathiques : vous pourrez trouver des disques comportant des musiques d’anciens épisodes pendant votre aventure et il est possible de remplacer la musique en cours par un de ces classiques de la série.



















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