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Test Limbo

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On ne compte plus les titres créatifs de qualité sur les marchés live. Braid, les mésaventures de P.B Winterbottom, World Of Goo, Machinarium... A tel point qu'une sorte de ferveur affective s'est emparée du cœur des gamers et propulse ces softs dits de « dématérialisés » sur le devant de la scène. D'ailleurs, LIMBO en est la parfaite illustration avec ces dix nominations et quatre distinctions acquises pendant l'E3. Mais n'en fait-on pas un peu trop ?

Ce pays inconnu dont nul voyageur ne revient...

Image_1_test_LIMBOMieux vaut ne pas savoir ce qui risque d’arriver...
Mieux vaut ne pas savoir ce qui risque d’arriver...

En l’an 2010, la guerre du polygone bat son plein. Les plus grands développeurs multiplient les dépenses pour créer des jeux toujours plus impressionnants. Rien ne résiste à leur ambition démesurée : photoréalisme, motion capture, effets de lumières, cinématiques dignes de films d’animation... Mais un petit groupe de rebelles résiste constamment à l’envahisseur monétaire pour protéger la sacro-sainte créativité. Bon, il est vrai, la réalité est un brin différente. Le manque de liquidité des « Devs » indépendants les poussent à abreuver les marchés Live (XBLA, Psn, Wiiware et Steam) de leur talent afin de ne pas disparaître dans l’oubli. Des situations souvent précaires qui n’empêchent pas la naissance de chefs d’œuvre parfois supérieurs aux productions huppées.

Braid fut le détonateur de cette ère. Une merveille artistique à la fois colorée et mélancolique, emprunt d’une morale profonde et troublante. Et s’il fallait qualifier LIMBO, le titre d’antipode braidien lui siérait à merveille. Loin d’être péjorative, cette appellation sommaire montre à quel point le soft de Playdead est sombre, oppressant...

Le premier choc apparaît dès les prémices de l’aventure. L’emprunte visuelle en noir et blanc procure un étrange sentiment de malaise. Chaque décor dégage une hostilité, comme si cette silhouette fluette que l’on incarne n’était pas la bienvenue sur ces terres. Le silence absolu résonne dans la tête et le manque de repères scénaristiques désorientent. Presque une sensation de vertige... « Où suis-je ? ». Une question qui trouve un élan de réponse après quelques minutes de jeu. En effet, le jeune garçon grimpe dans une embarcation de fortune pour rejoindre la rive opposée d’un cours d’eau mystérieux. Ne viendrait-il pas de franchir la rivière de l’au-delà ? Probablement, car la mort rôde en toute impunité dans cet univers d’une cruauté sans pareille...

La matière grise, seule arme contre les ténèbres

Image_2_test_LIMBOUn jeu très adulte comme en témoigne ce charmant pont de cadavres
Un jeu très adulte comme en témoigne ce charmant pont de cadavres

Sans surprise, la relative tranquillité des balbutiements de l’aventure cède rapidement sa place au profit de phases de plateformes terriblement pointues. Sauts « timés », phases de glissades mortelles, plateformes en mouvement, passages chronométrés ; tout l’apanage du parfait scrolling horizontal 2D. Pour corser le tout, divers dangers parsèment le chemin. On pense notamment au duel épique face à la gigantesque araignée qui harcèle le parcours du jeune héros. A ce sujet, nous tairont la manière dont cette némésis disparaît tant ce passage est d’une atroce virulence.

Clairement, LIMBO n’est pas fait pour les enfants... Son étiquette « 18+ » en est le principal aveu. Cette mention n’est pas innocente et dissimule un autre rouage adulte : la réflexion. Un nombre colossal de puzzles alambiqués attendent le héros. Chacun d’entre eux offrant des mécaniques complexes et très variées. Par exemple : faire tomber la pluie pour débloquer une situation inextricable. La montée des eaux entraînant une nouvelle menace et ainsi de suite... Bien souvent, les tentatives de résolution se solderont par un revers. Il faut dire, Playdead a eu la brillante idée de dissimuler des pièges mortels inattendus que l’on découvre régulièrement dans une effusion de sang... Une progression entachée par l’échec qui ne verse toutefois jamais dans le rébarbatif grâce à un système de respawn proche de la zone létale.

Et c’est à cet instant que la magie opère. La difficulté, la pression, la volonté, l’instinct de survie, chaque sentiment se mêle pour ne plus former qu’une seule idylle. Clore ce magnifique poème acerbe aux frontières de la réflexion et du sadisme.

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GRAPHISMES
Drapé dans son épais manteau noir et blanc maculé de nuances grises, LIMBO ne plaira pas à tout le monde, c’est une certitude. Mais le talent de Playdead ne peut être renié. Troublante, insaisissable, la sobriété abusive de son chara-design donne aux environnements adjacents une puissance considérable et place le joueur dans le rôle de la victime face aux prédateurs tapis dans l’ombre. Une beauté suffocante.
GAMEPLAY
D’une simplicité sans pareille puisque deux boutons suffisent pour effectuer l’intégralité des mouvements. Pourtant, cela n’empêche pas LIMBO de distiller des phases de plateformes d’une précision diabolique et d’offrir une multitude de situations réflexives qui dans l’ensemble, restent abordables.
DURÉE DE VIE
Proche des standards XBLA, l’aventure se conclut en trois ou quatre heures maximum. Tout dépend de la vitesse à laquelle le joueur triomphe des embuches cognitives. Pour 1200 Ms points, impossible de ne pas laisser échapper un soupir rauque vu le potentiel rejouabilité quasi nul de ce genre de production.
SON
Rare sont les softs qui obtiennent la note maximale sans proposer la moindre piste musicale. LIMBO y parvient sans peine grâce à son ambiance oppressante incarnée par des bruitages réalistes en parfaite symbiose avec l’action. Le moindre chuchotement, le plus infime crissement se ressent comme une menace.
Note des lecteurs :
- /20

Ersatz de Braid ? Sosie de Winterbottom ? Pas le moins du monde ! Unique et inspiré, le soft de Playdead offre une expérience de jeu profonde exacerbée par une emprunte artistique de premier ordre. Mais à force de vouloir produire du conceptuel, il arrive que le public se divise. Beaucoup aimeront LIMBO pour ses casse-têtes ingénieux et variés, son ambiance oppressante... D’autres le détesteront pour sa difficulté mortelle et sa progression silencieuse en manque de repères scénaristiques. Seul l’affectif sera juge de paix.

-La patte artistique
-La variété des casse-têtes
-Le système de respawn
-Les sensations
-Un scénario ?
-La fin…
-On aime ou on déteste
> Test Limbo écrit par Mugi et mis en ligne le 1er août 2010
- / 20
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