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SOLUCE
Légende vivante du lever de coude au Scumm bar, véritable jouteur verbal, noble chasseur de singes à trois têtes... Oui ! Il n'existe qu'un seul être capable de telles prouesses ! Le seul et l'unique Ron Gilbert. Mais que diable a-t-il pu nous préparer pendant une si longue absence ? Tout simplement un jeu Xbox Live Arcade bien décidé à nous filer une bonne fessée de la mort.

Hurry up citizen ! Justice awaits

Image_test_deathspank_1Avec ce genre de screen, l’omnipotence des Ents risque d’en prendre un coup
Avec ce genre de screen, l’omnipotence des Ents risque d’en prendre un coup

Avec le retour du père de Monkey Island à la baguette, inutile de s’attendre à un jeu conventionnel aux personnages bien lisses. Au contraire, le nouveau soft de Hothead Games saute à pieds joints dans le délire absolu. Pour s’en rendre compte, laissons s’exprimer le principal intéressé.

« Salutations bien portant lecteur, je suis DeathSpank, dispensateur de justice, pourfendeur des forces du mal et héros des opprimés ! Ma principale activité ? Protéger les honnêtes citoyens et occire la vermine qui peuple les terres de mon pays ! Mais je nourris un dessein bien plus important : récupérer l’artefact, un objet très puissant. A quoi sert-il ? Qui l’a fabriqué ? Pourquoi je le cherche si ardemment ? A vrai dire je... heu... Aucune importance, je suis un héros ! Ah... ah... ah... err »

Les présentations sont faites... Clairement, l’ambiance de la dernière production Gilbert enfonce les preux chevaliers au fin fond des oubliettes. L’humour stupide de DeathSpank crève l’écran et la moindre réplique conduit à une foule d’éclats de rire. Même les PNJ proposent des quêtes détraquées. Du simple grand-père en déambulateur dont la gloire s’est effondrée à cause d’un lag, à la recherche de tortues mangeuses d’hommes pour récolter des points d’XP, au pauvre paysan affamé désirant manger des déjections mais tant qu’à faire, fraîches ou encore du personnage non jouable aléatoire (son nom...) qui désire plastiquer son village infesté avec du C4... Du grand n’importe quoi... mais dieu que c’est bon ! Evidemment, rien ne sera simple car il faudra guerroyer contre une foule d’adversaires pour accomplir ces sacerdoces. Un dernier mot champion ?

« Ne sous-estimez jamais une escouade de poulets sanguinaires ! » Tout est dit...

Feel the breath of my Powers !

Image_test_deathspank_2Tremble mort-vivant ! Ce soir : purée d’osselets à volonté
Tremble mort-vivant ! Ce soir : purée d’osselets à volonté

Pour taillader les hordes hostiles, Spank peut s’équiper de quatre armes différentes, chacune étant associée à un des boutons de la manette (X,Y, B et A) afin d’orienter volontairement l’action vers un bourrinage intensif typé console. Hache, épée, massue, arbalète, baguette magique, canon à poulets... Tout l’univers du parfait slasheur étendu à perte de vue par des drops généreux (potions, armures, armes, orbes d’invocation...). Bien entendu, le soft demeurant sur XBLA, il est logique de découvrir une gestion simplifié ne laissant guère la place aux ensembles d’équipements apposant divers bonus sur son avatar. Ici, seul le plaisir pur de la castagne est roi.

Néanmoins, certaines armes disposent de pouvoirs magiques capables de se déclencher une fois la jauge de justice pleine. Une sorte de furie dissimulée sous une foule d’aspects : tornades d’épée, stun de masse, vagues déferlantes, orages de flammes et autres éclairs foudroyants. D’ailleurs, pour favoriser les variations pendant les rixes, une jauge de combos grimpe si l’on utilise alternativement les armes de son inventaire. Au-delà de « x7 dommage », un violent impact propulse l’ennemi au loin. Du grand classique...

Peut-être même un peu trop car le point fort de ce genre de jeux est d’offrir une gestion pointue des statistiques de son personnage. Magie, constitution, vitesse, orientation... Aucun de ces rouages ne transpire sur le héros. Il aurait été sympa par exemple de choisir un alignement selon les réparties choisies face aux PNJ. Un point noir surligné par une gestion erratique de l’inventaire. Si l’option équipement automatique est d’une praticité sans faille, le reste laisse à désirer : menu de quête pas ergonomique, appréciation de la meilleure arme difficile au premier coup d’œil et pour les néophytes du genre (public auquel s’adresse en majeure partie le soft), un sentiment d’abandon...

Mais cessons ces jérémiades dignes d’un gamin jamais content ! N’oublions pas qu’il s’agît d’un titre Xbox Live d’une valeur de 1200 Ms points (14 euros) ! A ce prix là, Hothead Games nous offre un hack & slash méchamment dopé aux stéroïdes débilisants jouable à deux en local. Et avec ses dix bonnes heures de jeu sur une carte géante et plus d’une centaine de quêtes annexes, il serait dommage de passer à côté.

Il reste cependant une ultime question : Comment une bestiole innocente comme la licorne peut-elle déféquer des trucs aussi odorants ? » Une énigme existentielle à laquelle l’épisode 2 de DeathSpank, espérons-le, répondra...

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GRAPHISMES
Habile mélange entre 2D et 3D, les terres du fantastique héros chasseur de tyrans offrent un panorama coloré rappelant les livres en relief de notre enfance. Cimetière, cave sordide, forêt enchantée, décharge publique féodale, rien n’échappe aux traits de crayons déjantés de Hothead Games. Même le bestiaire tient du grand délirium artistique. Après une heure de jeu, vous ne regarderez plus jamais un poulet de la même manière. C’est une promesse.
GAMEPLAY
Simple et basique comme tout hack & slash qui se respecte, DeathSpank se permet d’approfondir son gameplay avec un système de combos et de jauge de justice apportant une grande variété de mouvements lors des combats. Le tout jouable en coopération locale. Que demander de plus ? La disparition des sporadiques chutes de frame ? Allons, nous sommes sur un « market-soft », soyons tolérant !
DURÉE DE VIE
Une quête épique (enfin…), environ cent missions annexes, une tonne d’équipements, une carte gigantesque… Aucun doute, pour un titre du marché XBLA, le soft brille de milles feux avec ses dix bonnes heures de loisirs jubilatoires.
SON
Kitsch à souhait, la bande son attachante est nourrie de l’emprunte artistique délurée de son créateur, symbolisée par des doublages « absolutely and definitely » hilarants. Chaque personnage tombe dans la surenchère et apporte un élan d’âme supplémentaire à l’univers. Dommage qu’il faille disposer d’une maîtrise conséquente de la langue de Shakespeare pour en apprécier la plénitude.
Note des lecteurs :
- /20

Voilà un titre comme on aimerait en voir plus souvent sur le Xbox Live Arcade. A la fois vaste, grisant et diablement complet, DeathSpank revisite, sous la houlette de Ron Gilbert, l’univers du hack & slash et n’hésite pas à torpiller son héros dans une aventure aux confins de la stupidité. Alors certes, l’ensemble n’est pas exempt de tous reproches mais l’humour omniprésent pourfend la critique sans difficulté.

- L’univers délirant
-La durée de vie
-Des quêtes annexes à foisons
-Du hack & slash, du vrai !
-Techniquement inspiré
- Dialogues en anglais
-Inventaire bordélique
-Trop simple par instants
> Test DeathSpank écrit par Mugi et mis en ligne le 27 juillet 2010
- / 20
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